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Le Pulsoconn du Dr. Macaura

Trouvaille de grenier , il est dans sa boîte et en très bon état bien que pratiquement centenaire.

Petite histoire.

Informations fournies par : Martin JP. : Le Pulsoconn du Docteur Macaura. Clystère (www.clystere.com), n° 19, 2013.

Un Américain, le Dr Gérald Georges Macaura, dont la biographie comporte pas mal de zones d’ombres, mit sur le marché un appareil vibrant appelé « Pulsoconn ».
Il prétendait soigner les maladies en activant la circulation du sang.
Son Pulsoconn connut un vif succès. Il en vendit des dizaines de millier. Macaura fut condamné pour charlatanisme et emprisonné en 1914.

Gerald Joseph Macaura.

On connait peu de choses de cet Américain. Docteur en médecine diplômé de l’Université de Chicago (en tout cas c’est ce qu’il affirmait), il émigra en Angleterre en 1904. Il eut une vie agitée, changeant d’adresse autant que de statut. Il revendiqua sur les notices accompagnant ses appareils son appartenance au « Royal institute of public health » de Londres et ouvrit son « Macaura Institute » dans diverses villes européennes.
Le Pulsoconn fut inventé par le Dr Gérald Georges Macaura et fabriqué dans son usine, la « British Appliance Manufacturing Company », basée à Leeds. Invention américaine, le premier modèle complet de Pulsoconn aurait été réalisé par l’un des experts en mécanique de Thomas Edison. Différents modèles furent vendus, les plus anciens étant datés de 1880 (probablement usinés aux Etats-Unis), les plus récents de 1920 environ.

Les deux modèles de ma collection.

Le Pulsoconn.

Empruntons au Pr. Pitres de Bordeaux, la description du Pulsoconn qui fut citée lors d’une procédure à l’encontre de Macaura, accusé d’exercice illégal de la médecine et d’escroquerie.
C’était un appareil breveté composé essentiellement d’une manivelle dont le mouvement de rotation, transformé par un mécanisme très simple en mouvement rectiligne alternatif à oscillations rapides se transmettait à une tige terminée par un plateau. Ce plateau vibrant à la fréquence de 2000 à 5000 / minute était appliqué en différents points du corps souffrant. L’effet était modulé par la vitesse de rotation de la manivelle et la pression d’appui sur la peau.
Il y a 3 réglages possibles sur le plateau moyennant changement de place du contrepoids.

Le plateau pouvait être équipé d’une sorte de ventouse en caoutchouc (le Rubber plunger) dont deux sortes étaient livrées avec l’appareil. Vendu initialement sous son nom anglais de « Macaura blood circulator », il attaqua le marché européen sous la dénomination de « Pulsoconn ». Certains ont suggéré que ce nom était un clin d’œil au mot français « con », le sexe de la femme (des chansonniers ont écrit que le Pulsoconn, à défaut d’être efficace dans les maladies, l’était beaucoup plus, à la grande satisfaction de ces dames, en applications sur leurs parties génitales !), tout autant qu’aux « cons » qui étaient assez stupides pour l’acheter.

Pour Macaura, qui ne semblait pas avoir une grande connaissance de la physiologie (était-il réellement médecin d’ailleurs ?), les maladies étaient la conséquence d’un défaut de nutrition des parties affectées, conséquence d’une mauvaise vascularisation. Tout le traitement reposait sur le rétablissement de la circulation sanguine dans les parties malades, le Pulsoconn faisant circuler le sang qui était, selon Macaura, fabriqué dans … l’estomac ! Le Pulsoconn ne se contentait pas d’activer la circulation superficielle, il était également capable de stimuler celle des viscères profonds. Si le Pulsoconn ne prétendait pas guérir les cancers ou les phtisies évoluées, son champ d’application était cependant étendu : rhumatismes, névralgies, névrites, paralysies de toutes sortes, surdité, maladies gastriques, maladies des femmes, etc… Une véritable panacée vibrante.
Macaura n’avait rien inventé. Dès le XVIIIe un certain abbé de Saint-Pierre inventa le complexe « trémoussoir », lien pour lutter contre l’hypochondrie et la constipation. Il se serait inspiré en 1734 d’une expérience menée par le médecin Pierre Chirac sur les vertus du mouvement vibratoire. Supposant que la mélancolie était améliorée non par les voyages, mais par les vibrations produites par le véhicule, l’abbé fit fabriquer le trémoussoir, un fauteuil à ressorts reproduisant les mouvements d’une chaise de poste sur une route cahoteuse. diapason électrique, fauteuil trépidant ou casque vibrant.

Publicité de l’époque.

Pulsoconn : efficacité ou supercherie ?

Les experts du procès de Macaura ne purent que reconnaître que le Pulsoconn, à l’instar des autres instruments vibrants de l’arsenal mécanothérapique, devait avoir une action thérapeutique, puisque l’effet des vibrations sur l’excitabilité nerveuse, le tonus musculaire, certains phénomènes douloureux articulaires ou viscéraux, divers symptômes de conversions hystériques, était reconnu.
La fin de Macaura.
On reprocha plusieurs choses à Macaura, notamment d’avoir présenté le Pulsoconn comme une panacée, avec un argumentaire reposant sur des bases physiologiques erronées, et d’avoir retardé l’application de traitements efficaces chez les malades.
On le convainquit d’exercice illégal de la médecine, son diplôme américain ne l’autorisant pas à exercer en France. Sa plaque vissée au 57 boulevard Haussmann, affichait « Dr Macaura ». Les consultants étaient si nombreux que la circulation était souvent interrompue sur le boulevard Haussman, malgré la présence de deux gendarmes.
Macaura qui ne parlait pas le français se défendit de pouvoir ainsi exercer la médecine. Il avait salarié plusieurs médecins français (Gripon, Lafont et autres) qui soignaient les patients à sa place, à Paris et à Bordeaux. On retrouve également Macaura et son institut à Toulouse, rue Bayard, en août 1912, où, malgré la plainte déposée par le syndicat des médecins de la Seine et quelques clients, il vendait quotidiennement une grande quantité de Pulsoconn. Il ouvrit des instituts en Allemagne, en Belgique, en Suisse et fit des démonstrations publiques au cirque et au casino de Paris. Il galvanisa 20000 personnes au Royal Albert Hall de Londres en décembre 1911.
Dans une déposition du 16 juillet 1912, Macaura affirma que son appareil n’était pas médical et ne permettait que de faire de l’exercice et de faire circuler le sang. Il ne prétendait guérir aucune maladie, ce qu’infirmait le contenu de son Livre pour la santé, opuscule d’une soixantaine de pages tout entier rédigé à la gloire de l’instrument.
Macaura fut arrêté en 1912 et emprisonné à la Santé dont il sortit le soir même contre une caution de 50.000 francs (soit près de 150000 euros). Cette caution en dit long sur la fortune accumulée par Macaura. En 1913, il passa en correctionnelle avec six médecins de son institut du boulevard Haussmann pour escroquerie et exercice illégal de la médecine. Il fut con-damné le 14 mai 1914 à 3 ans de prison et 3000 francs d’amende pour escroquerie, et neuf médecins eurent des peines de deux mois à un an de prison pour complicité.
Comme d’autres charlatans à la même époque, Macaura avait organisé un véritable réseau commercial qui s’appuyait sur une communication agressive. Conséquence du succès, Macaura fabriqua également des Pulsoconn dans des ateliers français à qui il passa commande de 40000 unités en 1912.

La célébrité du Pulsoconn, dont il est très facile de trouver des exemplaires en parfait état de marche en brocante ou sur les sites d’enchères, a inspiré le milieu des arts. Un film satirique intitulé « Gavroche et le Pulsoconn » fut réalisé en 1913 par Roméo Bosetti, pour la Société française des films et cinématographes Eclair, l’affiche d’Auguste Laymarie montrant un vieillard plâtré abandonnant ses béquilles alors que son valet actionne un mécanisme à manivelle qu’il porte en ceinture. Il inspira également les chansonniers.
BIBLIOGRAPHIE
Thoinot L. : L’affaire Macaura, exercice illégal de la médecine et escroquerie. Annales d’hygiène publique et de médecine légale, série 4, n° 24, 1915, 97-109.
Thoinot L. : L’affaire Macaura, exercice illégal de la médecine et escroquerie. Annales d’hygiène publique et de médecine légale, série 4, n° 24, 1915, 208-222.
L’arrestation de M. Macaura. Paris Médical, la semaine du clinicien, 1912, n° 8, partie para-médicale, p 47.
Le Docteur Macaura en correctionnelle. Paris Médical, la semaine du clinicien, 1913, n° 12, partie paramédicale, p 696.Delon : Causerie du docteur. Exercice illégal de la médecine. Le midi socialiste, n° 1225, 2 Août 1912
Lebrenne J. : Conseils aux ouvriers. Le combat, n° 22, 30 mai 1914.
Anonyme : La guerre à la maladie en France et en Belgique. Intéressant article sur le plus agent curatif des temps modernes. La Croix, 29 janvier 1912.
Anomyme : Le Dr Macaura quitte sa redingote et se met à l’œuvre. Il dirige la fabrication de ses Pulsoconn dans une usine de Paris. La Croix, 11 mars 1912.
Anonyme : Tribunaux. Le président Monier prend une décision concernant le Docteur Ma-caura. La Croix, 7 février 1912.
Article trouvé ci dessous :
Martin JP. : Le Pulsoconn du Docteur Macaura. Clystère (www.clystere.com), n° 19, 2013.

Masseur MASVELT 1966

Production CLARINS

Celui-ci provient d’un magasin  TROC.

Presentation

Boîte, mode d’emploi, garantie, tout est comme neuf.

Simple

La carte de garantie tamponnée du 10 septembre 1966.

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Mode d’emploi.

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Infos

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Le fameux rouleau de massage, on en trouve assez souvent dans les brocantes et vide greniers.

Par contre cette revendication plus bas me semble fausse quant à l’invention en 1962 par Jacques Courtin-Clarins, ce serait plutôt 1952.

D’autant plus que le rouleau masseur porte le brevet S.G.D.G.

 

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« Breveté SGDG », abréviation de sans garantie du gouvernement, était en France une mention légale dégageant l’État de toute responsabilité sur le bon fonctionnement effectif du dispositif breveté.

Cette mention a été établie par la loi de 1844 qui dit que les brevets sont délivrés « sans examen préalable, aux risques et périls des demandeurs, et sans garantie soient de la réalité, de la nouveauté ou du mérite de l’invention, soit de la fidélité ou de l’exactitude de la description ». Cette mention a disparu en 1968.

En Belgique, selon Art. 22 de Loi sur les brevets d’invention du 28 mars 1984, le principe SGDG est encore applicable.

Ce texte est l’invention de Napoléon Bonaparte, selon le décret du 27 septembre 1803.

Marque


 

J’ai trouvé cette info ci-dessous qui démentirait bien cette invention en 1962.

Publicité de l’époque dans une revue.

L’art et la mode n°2775 – 1956 – Page 224 / 225 rubrique carnet de beauté.

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Extrait :

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Autre masseur de même marque de notre collection.

Double

MASVELT est devenu le nom d’une gamme de crème et produits minceur chez CLARINS

 

Boots Improved Enema Syringe, Clysopompe, Broc Lavement émaillé.

Appareil portable pour lavement, était employé aussi par les prostituées du début du siècle  comme moyen contraceptif.

appareil

 

Avec  sa boîte d’origine.

total

 

Celle-ci est en métal décoration florale.

boite

 

Boots Improved Enema Syringe appareil de lavement.

Gynécologie Obstétrique & Contraception
C’est un appareil portable pour lavements vaginaux et rectaux.
Marque: Boots pur Drug Company Limited.
Situé et fabriqué à: Nottingham, en Angleterre, Royaume-Uni.
Date de création : 1935.
Matériaux: étain, métal et caoutchouc ; la poire et le tuyau sont en caoutchouc ; la seringue en laiton ; le bouclier rectal en caoutchouc ; le tuyau rectal est en vulcanite, le tuyau vaginal est en caoutchouc.
Mesures : longueur 173 mm ; Largeur 95 mm ; étain : hauteur 64 mm.
Description : Appareil perfectionné de lavement Higginsons avec des tuyaux rectaux et vaginaux, dans sa boîte originale, faite par Boots, Nottingham, Angleterre en 1935.

Le mode d’emploi est imprimer par sérigraphie sur les parois internes de la boîte.

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Le même exemplaire est exposé au British Science Museum.

 

Boots pur Drug Company Limited
Nationalité : britannique.
Brève biographie : actif 1888-1971, la fabrication de matériel de laboratoire pour chimistes à Nottingham.
Fondée par Jesse Boot en 1871.
M & J Boot, herboristes, en1883 fondent Boot Company Ltd.
En 1888 cela devient Boots pur Drug Company Ltd.
E1971 The Boots Company Ltd.
E1982 The Boots Company plc.
En 1991 le nom devient Boots Contract Manufacturing Healthcare International.
REMARQUE: Boots the Chemist Ltd était pour la vente au détail.
Le logo Boots était leur marque, l’usine était à  Beeston, Nottinghamshire.
Autre système plus ancien entre 1850 et 1900
Le  Clysopompe

 

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Superbe irrigateur à pompe : en dessous, il y a un clapet anti-retour par où se fait l’admission par une crépine

Les trois demi-cercles au pied permettent de laisser passer le liquide, l’ irrigateur devant être placé dans une bassine pleine de liquide contraceptif ou autre.

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À partir du Moyen-Age jusqu’à 1800 et une partie de 1900, la contraception a été fortement sanctionnée. Pour éviter ces sanctions,  on a présenté dans les écoles, ces différents objets sous le couvert d’outils thérapeutiques tout en cachant le véritable but de leur utilisation contraceptive.

Le VERITABLE clysopompe (taille de 14 cm). Ces appareils portables petits et discrets ont été souvent utilisés pour injecter un liquide spermicide dans le vagin (vinaigre, jus de citron etc.) Ces solutions acides qui en plus de l’assainissement de l’environnement vaginal permettaient également une bonne activité spermicide.

Ces principes étaient utilisés par la plupart des gens appartenant aux classes moyennes ; souvent, cependant, ces personnes étaient les mêmes qui militaient contre la contraception la trouvant immorale, les gens ordinaires pratiquaient avec  culpabilité cette contraception la plupart du temps inutile, Il y eut des condamnations qui n’avaient presque jamais aucune base scientifique.

Bien sûr le milieu de la prostitution utilisa beaucoup ces systèmes.

Moyen plus moderne qui suivit ces différents systèmes, le broc à lavement.

Entre 1900 et 1950 , plus tard ils seront en plastique.

Broc-complet

 

Accompagné des différentes canules en Bakélite, vaginale et anales.

Canules

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Fonctionnement par gravité.

Tous ces objets servirent aussi par certains pour se procurer d’agréables sensations érotiques (Clystérophilie) ou par jeux Sm.

Voir Wiki

http://fr.wikipedia.org/wiki/Clystérophilie

 

Clystère

Ce mot provient du latin « clyster», emprunté au grec ancien « cluster » qui signifie littéralement « lavement, seringue ».

Initialement, le terme « clystère » désigne les substances médicamenteuses que l’on appliquait sur les plaies saignantes, principalement des substances astringentes et siccatives (d’après Littré in Pifteau, Chirurgie de Guillaume de Salicet).

« Une sorte de lavement dans les bas-fondements de l’homme », c’est ainsi que le définit l’académie Française, lors de son premier dictionnaire en 1694.

Puis sous le règne de Louis XIV, l’abbé de Saint-Cyran, théologien est connu pour son austérité morale, mis le mot « clystère » au rang des mots « déshonnêtes ».

Avec l’évolution de la langue française, le mot « clystère » fut défini ainsi : « Lavement, espèce de remède dont l’usage le plus ordinaire est de rendre le ventre libre. Clystère laxatif. Clystère rafraîchissant. Il a pris un clystère. On lui a donné un clystère. Il a rendu son clystère. Ce clystère a bien fait » selon le Dictionnaire de l’Académie Française de 1798.

Ainsi, il est clair qu’au XVIIIème siècle, le mot « clystère » devient à la fois le lavement, le remède administré et l’objet qui sert à l’administrer.

Dans le langage actuel, le mot « clystère » désigne uniquement la fameuse seringue métallique, généralement en étain.

Une chose est sûre, le mot « clystère » fait sourire car il désigne une activité peu glorieuse.

L’une des premières représentations du clystère en France, dans sa version primitive (probablement un roseau creux relié à une outre en panse ou vessie animales) date du XIVème siècle. Cependant, cette pratique serait bien plus ancienne car les Mayas pratiquaient déjà le lavement.

Le lavement fut très en faveur tout au long du Moyen Âge.

À cette époque, ce sont les médecins et plus souvent les chirurgiens barbiers qui ont le monopole de l’usage du clystère.

D’ailleurs pour eux, le clystère était indispensable dans le traitement des traumatismes.

Le clystère est généralement injecté avec un appareil constitué d’une bourse en cuir ou une vessie pleine du remède à injecter, fixée sur une canule en bois ou en métal repercé de petits trous à son sommet.

C’est au XVIème siècle que l’italien Marco Gatenaria invente une seringue destinée à administrer les lavements. Elle fut d’abord en bois puis en métal.

 

En 1668, le médecin néerlandais Regnier De GRAAF, auteur de « De Clysteribus », imagine un tube flexible permettant l’auto administration du lavement. Le patient peut désormais s’administrer seul son clystère. C’est le principe du « clystère soi-même ».

Le clystère est démocratisé à un tel point, que le traitement par lavement fût très fréquemment administré et même indiqué pour de nombreux maux, du lavement purgatif au lavement vermifuge.

Très en vogue partout en France aux XVIIème et XIXème siècles, il se trouve un nécessaire à lavement dans de très nombreuses demeures. Il contenait une seringue à lavement avec son tuyau droit (dit « matriculaire ») et courbe (dit « auriculaire ») ainsi qu’une seringue à clystère avec son petit chapeau et les bougies.

Alfred FRANKLIN, dans « le médecin charitable » recommande de posséder « deux seringues avec leur étui ; l’une pour servir à la maison avec deux canons d’ivoire (= canules), l’un pour donner clystère aux grandes personnes et l’autre pour les petites. On y ajoute un pot d’estain à mettre clystère, pour le garder et faire chauffer lorsque l’on voudra le donner. La seconde seringue se présente avec deux canons de buys, pour prester charitablement aux pauvres quand ils en auront affaire ».

C’est au XIXème siècle que se produira l’ultime évolution du clystère, lorsqu’on passera du système de piston, nécessitant une poussée manuelle, à celui de la pression, par l’élévation d’un bock.

Depuis, l’usage du clystère a disparu et d’une certaine manière, ce n’est pas une grosse perte.

Durant de très nombreuses années, le clystère fut représenté et mit en scène, permettant ainsi de railler quiconque sans vergogne car la position du patient était pour le moins indélicate !

De manière plus technique, un clystère du XIXème siècle se compose d’une poignée, soit en bois tourné, en étain ou alors il s’agit d’un anneau métallique. Cette prise se prolonge par une tige métallique qui est elle-même munie d’un tampon. Ce tampon crée la pression en poussant le remède hors du corps cylindrique du clystère.

Le tampon peut être constitué de deux demi-coques de cuir présentées à l’opposer, comme un diabolo, d’une virole en étain, libre, recouvrant une âme de bois, de deux plaques métalliques cylindriques de part et d’autre d’une compression de couches de carton ou de fibres naturelles, … souvent amovibles.

Ces trois éléments forment le piston du clystère.

Sur la tige métallique, il y a une virole libre qui se visse sur le corps cylindrique et permet d’assembler corps et système de poussée ensemble.

Au bout du corps, il y a une canule, elle aussi munie d’un pas de vis, qui peut avoir différentes formes : droit dit « matriculaire » et courbe dit « auriculaire » ou encore celle d’une seringue, donc fine, droite, longue et pointue, avec un petit orifice de sortie au sommet.

L’embout des canules est terminé par une petite poire ajourée, pour permettre au liquide de sortir.

En matière de matière, il existait des canules en bois, en métal, en corne, … sur la circonférence desquels étaient percés plusieurs trous.

Comme indiqué dans l’extrait ci-dessous, les clystères étaient conservés dans une boite ou un étui en bois, présenté avec des canules de rechange.

« Le clystère « soi-même » est disposé dans une boite, la boite à clystère, doublée intérieurement de métal et formant réceptacle, portée ou non par des pieds, permettant de s’asseoir comme sur un bidet »

Extrait issu de « Objets civils domestiques », Catherine Arminjon et Nicole Blondel, p.348

Pour ceux qui se demandent quel type de produit était injecté, voici la composition d’un remède type proposé par Guillaume de Salicet, à la fin du XIIIème siècle :

Ingrédients : bette, mauves, matricaires, mercuriale,  violettes, 1 manipule de chaque. Miel, sel, sucre, 5 onces de chaque. Huile commune ou de violette, 3 onces.  Casse en bâtons, 1 once.

Mode de préparation du remède : faire une décoction aqueuse des mauves, violettes, matricaires, bettes, mercuriale. Puis ajouter les autres ingrédients. Passer à colature (comprenez : filtrer). Mode d’emploi : administrer tiède.

En terme de prix, l’achat d’un clystère est très peu coûteux : d’abord parce qu’il y en a beaucoup, en plus cet objet se vend mal car les gens qui en connaissent l’usage sont implicitement freinés dans l’acte d’achat. Comptez donc entre 5.00 et 30.00 € pour un clystère simple ou pédiatrique et jusqu’à 130.00/150.00 € pour un clystère « soi-même », le tout en parfait état.

D’autre part, vous pourrez identifier la provenance d’un clystère si il porte une marque comme le poinçon du fabricant qui parfois indique clairement le lieu de production de l’objet.

N’oubliez pas qu’il existe de nombreux faux étains, portant de faux poinçons.

Pour ce qui est de l’appellation « seringue à clystère », c’est le nom le plus ancien du clystère.

Il n’a guère plus cours aujourd’hui, mais il s’emploie toujours pour les petits clystères dont la forme approche celle d’une seringue.

Pour les amoureux des mots, dommage, cette fois-ci la langue française est tordue car le terme  « clystérophilie » désigne aujourd’hui une pratique liée à la scatophilie et non pas les collectionneurs de clystères !

Et le mot de la fin, pour les récalcitrants aux lavements : « Six pruneaux valent un clystère » !

 

*Collection Privée de M & Mme Rocchini – Dumas.

Ce couple de collectionneurs me signale que les clystères à canules auriculaires servaient aussi à baptiser in-utéro l’enfant à venir, lorsque l’accouchement se présentait mal et que la vie du nouveau né était en jeu.

Les clystères à baptiser ont été utilisés principalement en France et c’était l’un de nos célèbres obstétriciens. C’est le docteur François Mauriceau (1637 -1709) qui en a proposé l’utilisation.

 

Le Vibrion

Nous l’avons acheté sur un site d’enchères à une dame qui l’a trouvé , caché dans la garde robe de sa maman (87 ans) en vidant la maison.

Il est comme neuf , même les embouts en caoutchouc sont toujours talqués et en parfait état, dire que ça a plus de 60 ans ….

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Fabriqué dans les années 50 par les établissements Brodard à Paris

BRODARD (H.). Instruments de chirurgie.

Électricité médicale, caoutchouc, ceintures, bas à

varices, bandages, orthopédie.

Maison fondée en 1860 et maintenant disparue.

Le vibrion est hyper puissant.

C’est un appareil de grande qualité, fabriqué avec soin.

Intérieur-couvercle

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Il est désigné comme appareil de massage infrasonore pour la santé et la beauté.

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Effet garanti.

L’inconvénient c’est que les vibrations se propagent à travers le manche pour remonter le long du bras et il est très lourd , pas loin du kilo.

Je n’ai pratiquement rien trouvé comme documentation, il est pratiquement introuvable.

Le seul site qui y fait référence :

http://justinesoumise.blogspot.be/search?q=vibrion

Nous le trouvons vraiment joli et qualitatif.

Extrait du mode d’emploi :

L’appareil « LE VIBRION » de MASSAGE INFRASONORE est à la base de votre santé de votre beauté et de votre vitalité

Des années d’expérience .Des milliers d’utilisateurs.

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MODE D’ACTION :

  • II fait vibrer votre épiderme CENT fois à la seconde, en PROFONDEUR, ce qui est essentiel pour un résultat durable.
  • II stimule votre CIRCULATION du SANG.
  • II combat énergiquement : RHUMATISMES, CELLULITE CONSTIPATION, MIGRAINES.
  • II évite : FATIGUE, LOURDEURS, ENFLURES.
  • II régénère l’ensemble MUSCULAIRE et LIGAMENTEUX.
  • II régularise l »appareil GLANDULAIRE.

 ●  CE QUE SIGNIFIE « MASSAGE INFRASONORE .

La région des vibrations sonores se situe entre 50 et 8.000 vibrations à la seconde. Le VIBRION produit 100 vibrations à la seconde, c’est la limite inférieure du régime sonore. L’expression « INFRASONORE » a été choisie à I’instar de « L’INFRAROUGE » qui signifie à la limite inférieure de la lumière rouge.

  • QU’EST « LE VIBRION » ?

On connait depuis longtemps des vibromasseurs à moteurs électriques entretenant un excentrique qui vibre fortement et produit du bruit. Le résultat est d’ailleurs un mouvement parallèle à Ia peau, mouvement qui irrite celle-ci. La cadence n’est que le quart de celle du VIBRION. Cette excitation lente ne pénètre pas en profondeur.

L’action du VIBRION, elle, est perpendiculaire à la peau, à la cadence de 100 frappes à la seconde (voir « Les effets du Vibrion »).

Réglage permettant d’affiner la force de vibration et éliminer totalement le bruit.

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Boîte discrète comme il est d’usage fréquent à cette époque.

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Il y a simplement l’impression de la marque dans le coin inférieur droit, aucune autre indication, rien qui permette de deviner le contenu.

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En résumé il est totalement silencieux et inaudible.

Une belle pièce à ajouter à la collection.

 

Rapports Kinsey

 

Nous avons trouvé un exemplaire en parfait état du Sexual Behavior in the Human Male (1948)

Version française :

LE COMPORTEMENT SEXUEL DE L’ HOMME

Bon d’accord , ce n’est pas du tout un sextoy ou un vibromasseur , mais nous le voyons bien dans la collection.

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Notre exemplaire est une traduction en français de 1948, le livre est vraiment en bon état malgré son âge ( 65 ans) la reliure en cuir est très belle , les pages , bien sur, ont beaucoup jauni.

 

Double-page

Notre exemplaire est numéroté :

Date-

Les Rapports Kinsey (Kinsey Reports en anglais) sont deux livres découlant des recherches du Dr. Alfred Kinsey sur le comportement sexuel humain : Sexual Behavior in the Human Male (1948) et Sexual Behavior in the Human Female (1953)note 1, qui représentent un apport essentiel à la recherche sur la sexualité humaine moderne1,2.

Leur contenu étonna le grand public et prêta immédiatement à la controverse ainsi qu’au sensationnalisme : à l’époque, ils provoquèrent une polémique, certaines observations défiaient les croyances à propos de la sexualité humaine et discutaient de sujets tabous.

Les rapports Kinsey ont en particulier remis en cause la vision hétérocentrée qui prédominait dans les États-Unis des années 1950. Ces travaux de recherche mettent en évidence la diversité des orientations sexuelles : ainsi, d’un tiers à la moitié de la population américaine aurait eu une expérience homosexuelle, sans que cela ne remette en cause les rapports hétérosexuels. Ces travaux ont été l’objet de plusieurs critiques, notamment en ce qui concerne l’échantillonnage choisi par Kinsey ; néanmoins des travaux ultérieurs, prenant en compte ces critiques, ont abouti à des résultats quasi-identiques1.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rapports_Kinsey