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Boots Improved Enema Syringe, Clysopompe, Broc Lavement émaillé.

Appareil portable pour lavement, était employé aussi par les prostituées du début du siècle  comme moyen contraceptif.

appareil

 

Avec  sa boîte d’origine.

total

 

Celle-ci est en métal décoration florale.

boite

 

Boots Improved Enema Syringe appareil de lavement.

Gynécologie Obstétrique & Contraception
C’est un appareil portable pour lavements vaginaux et rectaux.
Marque: Boots pur Drug Company Limited.
Situé et fabriqué à: Nottingham, en Angleterre, Royaume-Uni.
Date de création : 1935.
Matériaux: étain, métal et caoutchouc ; la poire et le tuyau sont en caoutchouc ; la seringue en laiton ; le bouclier rectal en caoutchouc ; le tuyau rectal est en vulcanite, le tuyau vaginal est en caoutchouc.
Mesures : longueur 173 mm ; Largeur 95 mm ; étain : hauteur 64 mm.
Description : Appareil perfectionné de lavement Higginsons avec des tuyaux rectaux et vaginaux, dans sa boîte originale, faite par Boots, Nottingham, Angleterre en 1935.

Le mode d’emploi est imprimer par sérigraphie sur les parois internes de la boîte.

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Le même exemplaire est exposé au British Science Museum.

 

Boots pur Drug Company Limited
Nationalité : britannique.
Brève biographie : actif 1888-1971, la fabrication de matériel de laboratoire pour chimistes à Nottingham.
Fondée par Jesse Boot en 1871.
M & J Boot, herboristes, en1883 fondent Boot Company Ltd.
En 1888 cela devient Boots pur Drug Company Ltd.
E1971 The Boots Company Ltd.
E1982 The Boots Company plc.
En 1991 le nom devient Boots Contract Manufacturing Healthcare International.
REMARQUE: Boots the Chemist Ltd était pour la vente au détail.
Le logo Boots était leur marque, l’usine était à  Beeston, Nottinghamshire.
Autre système plus ancien entre 1850 et 1900
Le  Clysopompe

 

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Superbe irrigateur à pompe : en dessous, il y a un clapet anti-retour par où se fait l’admission par une crépine

Les trois demi-cercles au pied permettent de laisser passer le liquide, l’ irrigateur devant être placé dans une bassine pleine de liquide contraceptif ou autre.

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À partir du Moyen-Age jusqu’à 1800 et une partie de 1900, la contraception a été fortement sanctionnée. Pour éviter ces sanctions,  on a présenté dans les écoles, ces différents objets sous le couvert d’outils thérapeutiques tout en cachant le véritable but de leur utilisation contraceptive.

Le VERITABLE clysopompe (taille de 14 cm). Ces appareils portables petits et discrets ont été souvent utilisés pour injecter un liquide spermicide dans le vagin (vinaigre, jus de citron etc.) Ces solutions acides qui en plus de l’assainissement de l’environnement vaginal permettaient également une bonne activité spermicide.

Ces principes étaient utilisés par la plupart des gens appartenant aux classes moyennes ; souvent, cependant, ces personnes étaient les mêmes qui militaient contre la contraception la trouvant immorale, les gens ordinaires pratiquaient avec  culpabilité cette contraception la plupart du temps inutile, Il y eut des condamnations qui n’avaient presque jamais aucune base scientifique.

Bien sûr le milieu de la prostitution utilisa beaucoup ces systèmes.

Moyen plus moderne qui suivit ces différents systèmes, le broc à lavement.

Entre 1900 et 1950 , plus tard ils seront en plastique.

Broc-complet

 

Accompagné des différentes canules en Bakélite, vaginale et anales.

Canules

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Fonctionnement par gravité.

Tous ces objets servirent aussi par certains pour se procurer d’agréables sensations érotiques (Clystérophilie) ou par jeux Sm.

Voir Wiki

http://fr.wikipedia.org/wiki/Clystérophilie

 

Clystère

Ce mot provient du latin « clyster», emprunté au grec ancien « cluster » qui signifie littéralement « lavement, seringue ».

Initialement, le terme « clystère » désigne les substances médicamenteuses que l’on appliquait sur les plaies saignantes, principalement des substances astringentes et siccatives (d’après Littré in Pifteau, Chirurgie de Guillaume de Salicet).

« Une sorte de lavement dans les bas-fondements de l’homme », c’est ainsi que le définit l’académie Française, lors de son premier dictionnaire en 1694.

Puis sous le règne de Louis XIV, l’abbé de Saint-Cyran, théologien est connu pour son austérité morale, mis le mot « clystère » au rang des mots « déshonnêtes ».

Avec l’évolution de la langue française, le mot « clystère » fut défini ainsi : « Lavement, espèce de remède dont l’usage le plus ordinaire est de rendre le ventre libre. Clystère laxatif. Clystère rafraîchissant. Il a pris un clystère. On lui a donné un clystère. Il a rendu son clystère. Ce clystère a bien fait » selon le Dictionnaire de l’Académie Française de 1798.

Ainsi, il est clair qu’au XVIIIème siècle, le mot « clystère » devient à la fois le lavement, le remède administré et l’objet qui sert à l’administrer.

Dans le langage actuel, le mot « clystère » désigne uniquement la fameuse seringue métallique, généralement en étain.

Une chose est sûre, le mot « clystère » fait sourire car il désigne une activité peu glorieuse.

L’une des premières représentations du clystère en France, dans sa version primitive (probablement un roseau creux relié à une outre en panse ou vessie animales) date du XIVème siècle. Cependant, cette pratique serait bien plus ancienne car les Mayas pratiquaient déjà le lavement.

Le lavement fut très en faveur tout au long du Moyen Âge.

À cette époque, ce sont les médecins et plus souvent les chirurgiens barbiers qui ont le monopole de l’usage du clystère.

D’ailleurs pour eux, le clystère était indispensable dans le traitement des traumatismes.

Le clystère est généralement injecté avec un appareil constitué d’une bourse en cuir ou une vessie pleine du remède à injecter, fixée sur une canule en bois ou en métal repercé de petits trous à son sommet.

C’est au XVIème siècle que l’italien Marco Gatenaria invente une seringue destinée à administrer les lavements. Elle fut d’abord en bois puis en métal.

 

En 1668, le médecin néerlandais Regnier De GRAAF, auteur de « De Clysteribus », imagine un tube flexible permettant l’auto administration du lavement. Le patient peut désormais s’administrer seul son clystère. C’est le principe du « clystère soi-même ».

Le clystère est démocratisé à un tel point, que le traitement par lavement fût très fréquemment administré et même indiqué pour de nombreux maux, du lavement purgatif au lavement vermifuge.

Très en vogue partout en France aux XVIIème et XIXème siècles, il se trouve un nécessaire à lavement dans de très nombreuses demeures. Il contenait une seringue à lavement avec son tuyau droit (dit « matriculaire ») et courbe (dit « auriculaire ») ainsi qu’une seringue à clystère avec son petit chapeau et les bougies.

Alfred FRANKLIN, dans « le médecin charitable » recommande de posséder « deux seringues avec leur étui ; l’une pour servir à la maison avec deux canons d’ivoire (= canules), l’un pour donner clystère aux grandes personnes et l’autre pour les petites. On y ajoute un pot d’estain à mettre clystère, pour le garder et faire chauffer lorsque l’on voudra le donner. La seconde seringue se présente avec deux canons de buys, pour prester charitablement aux pauvres quand ils en auront affaire ».

C’est au XIXème siècle que se produira l’ultime évolution du clystère, lorsqu’on passera du système de piston, nécessitant une poussée manuelle, à celui de la pression, par l’élévation d’un bock.

Depuis, l’usage du clystère a disparu et d’une certaine manière, ce n’est pas une grosse perte.

Durant de très nombreuses années, le clystère fut représenté et mit en scène, permettant ainsi de railler quiconque sans vergogne car la position du patient était pour le moins indélicate !

De manière plus technique, un clystère du XIXème siècle se compose d’une poignée, soit en bois tourné, en étain ou alors il s’agit d’un anneau métallique. Cette prise se prolonge par une tige métallique qui est elle-même munie d’un tampon. Ce tampon crée la pression en poussant le remède hors du corps cylindrique du clystère.

Le tampon peut être constitué de deux demi-coques de cuir présentées à l’opposer, comme un diabolo, d’une virole en étain, libre, recouvrant une âme de bois, de deux plaques métalliques cylindriques de part et d’autre d’une compression de couches de carton ou de fibres naturelles, … souvent amovibles.

Ces trois éléments forment le piston du clystère.

Sur la tige métallique, il y a une virole libre qui se visse sur le corps cylindrique et permet d’assembler corps et système de poussée ensemble.

Au bout du corps, il y a une canule, elle aussi munie d’un pas de vis, qui peut avoir différentes formes : droit dit « matriculaire » et courbe dit « auriculaire » ou encore celle d’une seringue, donc fine, droite, longue et pointue, avec un petit orifice de sortie au sommet.

L’embout des canules est terminé par une petite poire ajourée, pour permettre au liquide de sortir.

En matière de matière, il existait des canules en bois, en métal, en corne, … sur la circonférence desquels étaient percés plusieurs trous.

Comme indiqué dans l’extrait ci-dessous, les clystères étaient conservés dans une boite ou un étui en bois, présenté avec des canules de rechange.

« Le clystère « soi-même » est disposé dans une boite, la boite à clystère, doublée intérieurement de métal et formant réceptacle, portée ou non par des pieds, permettant de s’asseoir comme sur un bidet »

Extrait issu de « Objets civils domestiques », Catherine Arminjon et Nicole Blondel, p.348

Pour ceux qui se demandent quel type de produit était injecté, voici la composition d’un remède type proposé par Guillaume de Salicet, à la fin du XIIIème siècle :

Ingrédients : bette, mauves, matricaires, mercuriale,  violettes, 1 manipule de chaque. Miel, sel, sucre, 5 onces de chaque. Huile commune ou de violette, 3 onces.  Casse en bâtons, 1 once.

Mode de préparation du remède : faire une décoction aqueuse des mauves, violettes, matricaires, bettes, mercuriale. Puis ajouter les autres ingrédients. Passer à colature (comprenez : filtrer). Mode d’emploi : administrer tiède.

En terme de prix, l’achat d’un clystère est très peu coûteux : d’abord parce qu’il y en a beaucoup, en plus cet objet se vend mal car les gens qui en connaissent l’usage sont implicitement freinés dans l’acte d’achat. Comptez donc entre 5.00 et 30.00 € pour un clystère simple ou pédiatrique et jusqu’à 130.00/150.00 € pour un clystère « soi-même », le tout en parfait état.

D’autre part, vous pourrez identifier la provenance d’un clystère si il porte une marque comme le poinçon du fabricant qui parfois indique clairement le lieu de production de l’objet.

N’oubliez pas qu’il existe de nombreux faux étains, portant de faux poinçons.

Pour ce qui est de l’appellation « seringue à clystère », c’est le nom le plus ancien du clystère.

Il n’a guère plus cours aujourd’hui, mais il s’emploie toujours pour les petits clystères dont la forme approche celle d’une seringue.

Pour les amoureux des mots, dommage, cette fois-ci la langue française est tordue car le terme  « clystérophilie » désigne aujourd’hui une pratique liée à la scatophilie et non pas les collectionneurs de clystères !

Et le mot de la fin, pour les récalcitrants aux lavements : « Six pruneaux valent un clystère » !

 

*Collection Privée de M & Mme Rocchini – Dumas.

Ce couple de collectionneurs me signale que les clystères à canules auriculaires servaient aussi à baptiser in-utéro l’enfant à venir, lorsque l’accouchement se présentait mal et que la vie du nouveau né était en jeu.

Les clystères à baptiser ont été utilisés principalement en France et c’était l’un de nos célèbres obstétriciens. C’est le docteur François Mauriceau (1637 -1709) qui en a proposé l’utilisation.